Analyses œnologiques & agroalimentaires

Des vins plus naturels avec moins de pesticides 3/3

5- Produits phytopharmaceutiques et viticulture raisonnée.

De nouvelles matières actives dites plus respectueuses de l’environnement ont été développées ces dernières années. Pour l’agriculture biologique, la recherche de produits phytopharmaceutiques d’origine naturelle (sans utilisation d’organismes génétiquement modifiés) s’est notablement accrue. Le spinosad, insecticide (larvicide) sécrété par la bactérie Sacchaopolyspora Spinosa, a été inscrit à l’annexe 2092/91/EC en mai 2008. Ce composé utilisable en agriculture biologique et notamment en viticulture (utilisation pour lutter contre Drosophile, Eulia, Pyrale, Thrips, Cochylis et Eudemis). Cependant cette molécule, contrairement à ce que son autorisation en agriculture « BIO » laisse penser, n’est pas si respectueuse de l’environnement que cela. Elle ne présente aucun danger connu pour les mammifères, les poissons et les oiseaux. Mais c’est une molécule qui est persistante dans l’environnement et surtout qui est fortement toxique pour les abeilles, les acariens auxiliaires et la microfaune invertébrée en générale ! Agrée « BIO » ne signifie donc pas parfait ! Pour 50 vins analysés du millésime 2008, nous avons retrouvé cette molécule dans 20% des cas avec des teneurs comprises entre 2 et 10µg/l.

Dans un autre registre, l’utilisation massive du cuivre en agriculture bio et raisonnée est aussi critiquable. Bien que les teneurs retrouvées dans les vins soient généralement faibles, car la plus grande partie est éliminée lors des différentes étapes de la vinification (précipitation sous forme de sulfure de cuivre), l’application de cuivre dans le vignoble à tendance à rendre toxique les sols. La réglementation récente limite la dose maximale à 6 kg/ha/an pour l’agriculture bio (cahier des charges janvier 2006), mais ces teneurs restent encore trop élevées sur des sols à pH acide et on parle désormais de 4 kg/ha/an au plus (directive CEE 2009/37 du 23 avril 2009). De même, des études récentes (P. GROBON Octobre 2009) ont montrées que l’utilisation de certains anti-botrytis avait pour effet d’affecter directement la microflore du raisin. Certain s’en félicitait déjà en raison de l’effet sur la population non saccharomyces du raisin. D’autre comme EXCELL s’en inquiètent eu égard au respect de la microflore naturelle et à l’influence positives des levures non saccharomyces sur la qualité des vins (K. ZOTT Octobre 2009).

6- Excell Phytocheck

Pour conforter le consommateur, le Laboratoire EXCELL propose désormais un contrôle volontaire qui doit permettre d’éclairer sous un angle avantageux les producteurs qui auront une réflexion profonde sur leur mode de production, leur impact sur l’environnement et la qualité de leur produit final. Basé sur une recherche des risques toxicologiques, des études sur la capacité de production en contrôlant le nombre et le volume d’application de produits phytopharmaceutique et sur de nombreuses analyses de résidus de pesticides pendant plusieurs années, EXCELL propose un référentiel incluant la recherche simultané de plus de 110 matières actives utilisables ou utilisées récemment dans le vignoble (liste révisable sans préavis).

Bien sûr, le producteur doit avoir les moyens de produire convenablement, obtenir des rendements acceptables tout en respectant l’environnement. Mais, la finalité est de proposer un produit fini dont on aura contrôlé les teneurs en résidus de pesticides pour assurer et rassurer les consommateurs qu’un niveau maximum de pesticides a bien été atteint et que ce niveau est très sérieusement en deçà des limites complaisante actuelles.

Les vins contenant 3 résidus de pesticides au plus (uniquement des fongicides, dont 2 anti-botrytis au plus) pourront porter le logotype « EXCELL PHYTOCHECK » sur leur étiquette. Aucun résidu d’insecticides, ni d’acaricides ni d’herbicides ne sons toléré (LQ < 1 µg/l). Les teneurs acceptables sont revues notablement à la baisse par rapport aux LMR actuelles en vigueur sur raisins de cuves. Cette démarche originale doit permettre de revaloriser la viticulture durement critiquée ces derniers mois et redonner confiance aux consommateurs dans la capacité de la viticulture moderne à produire des vins de qualité, authentiques et plus naturels car contenant désormais infiniment moins de résidus de pesticides.

 

Nos analyses sur les résidus de pesticides                     Ou pour plus d’informations, consultez le site web PHYTOCHECK.FR

 

Pascal CHATONNET, Stéphane BOUTOU,Aude PLANA
Laboratoire EXCELL– France.

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