Analyses œnologiques & agroalimentaires

Des vins plus naturels avec moins de pesticides 2/3

2- Les molécules de résidus de pesticides les plus fréquentes.

Différentes études confirment qu’il est fréquent de retrouver un ou plusieurs pesticides dans les vins finis (PAN Europe 2008, Enquête raisin/vin DGAL/SDQPV 1990-2003). Sur la base de plus de trois cents analyses réalisées au laboratoire EXCELL en 2009, les molécules les plus fréquemment rencontrées (dans plus de 40% des cas) sont des anti-botrytis (cyprodinil, pyrimethanil, iprodione, fenhexamide et procymidone) et un anti mildiou (isomère d’iprovalicarb) (Tableau 2). C’est éventuellement l’application tardive de certains traitements par rapport à la date de la vendange, les conditions climatiques, mais aussi et surtout le fort taux de transfert de ces molécules particulières du raisin au vin (Enquête raisin/vin DGAL/SDQPV 1990-2003) expliquent que ces pesticides se retrouvent plus systématiquement dans les vins. En moyenne, nous retrouvons 5 résidus de pesticides différents dans un même vin (avec un maximum de 9 simultanément) ! Seulement moins de 10% des vins contrôlés ne contiennent aucun résidus de pesticides (<0.5 µg/l) et, jamais aucune LMR en vigueur n’a pour autant été dépassée.

Molécules les plus couramment rencontrées dans les vins Français

2- Des molécules de plus persistantes dans l’environnement.

La procymidone (C13H11Cl2NO2) est interdite depuis le 30 juin 2008 car classifiée par l’Union Européenne comme perturbateur endocrinien et comme cancérigène probable. L’iprodione (C13H13Cl2N3O3) est toujours autorisé à ce jour et appartient à la même famille chimique. Nous retrouvons encore sur le millésime 2009 la présence de traces de ces molécules dans de nombreux lots de vins. Plusieurs pistes paraissent plausibles pour expliquer la présence de résidus de ces composés alors qu’ils n’ont pas été employés depuis deux campagnes. L’utilisation de préparations phytosanitaires ou de matériels pollués est une cause possible. En outre, certaines pratiques œnologiques peuvent aussi servir de vecteur de résidus d’un millésime à un autre. La réutilisation des lies de vins blancs et de barriques usagées sont des exemples concrets pouvant expliquer la présence de faibles concentrations de ces substances dans des vins du millésime 2009 sans avoir employé ces produits dans le vignoble depuis plus de deux ans.

nature-pesticides-tableau-3

4- Pollution par des intrants œnologiques.

Bien que les traitements en viticulture restent les premières causes de pollution des vins par des produits phytosanitaires, l’utilisation « d’intermédiaire technologique » pourrait expliquer la présence de certains pesticides dans le vin. Le Pentachlorophénol, le Lindane étaient couramment utilisés pour la préservation des bois dans les années 80. Ces molécules interdites depuis le milieu des années 90 ont laissé la place à d’autres matières actives. Le tribromophénol, les pyréthrénoïdes de synthèse (cypermethrine, permethrin, deltamethrin…) ont largement remplacé de par le monde ces substances pour la préservation des bois (traitement préventif des grumes). En conséquence, lors de l’utilisation de fût, et surtout de copeaux et dérivés qui sont des pratiques œnologiques courantes de nos jours, il est nécessaire de s’assurer de l’absence de résidus de ces produits phytosanitaires avant de les utiliser sans réserve.

 

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